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Il aura fallu qu'un boulon de 500 grammes tombe de la voûte du Grand Palais pour que le grand public prenne la mesure du délabrement de l'édifice. C'était pourtant l'emblème des constructions verrières françaises de la fi n du XIXème siècle. On avait commencé à l'édifier en
1897 pour qu'il abrite l'exposition universelle de 1900. Pendant tout le 20ème siècle, sa nef de 240 mètres a régné sur l'espace entre Seine et Champs Elysées comme un navire amiral de l'architecture de la belle époque. La voûte de la nef et sa coupole pesaient 9000 tonnes d'acier, de fer et de verre. A lui seul le métal en pesait 7000, autant que la tour Eiffel. Au même titre que le Crystal Palace, le Grand Palais était le témoin vivant de ces grandes structures transparentes où la lumière naturelle avait encore un rôle prépondérant à jouer pour éclairer les grandes manifestations, avant l'arrivée de l'électricité. Contrairement au Crystal Palace, le Grand Palais a survécu. Même aux velléités de destruction de certains ministres de la Ve République qui voulaient le faire disparaître en compagnie de la gare d'Orsay. Tour à tour abri du Salon des artistes indépendants(1900), du salon de l'aéronautique(1909), du casernement des troupes coloniales qui s'apprêtent à partir au front en 1914, puis hôpital de fortune, il devient Salon des Arts ménagers de 23 à 61 avec un bref passage comme garage à véhicules militaires pour camions allemands pendant la seconde guerre mondiale. Le bombardement de sa nef n'arrange pas la solidité de l'édifice.
En 1993, alerte : un élément de rivetage tombe d'une hauteur de trente cinq mètres en pleine exposition consacrée au design. Les visiteurs sont épargnés par miracle. Le grand palais est alors fermé pendant douze ans pour cause de diagnostic. On s'aperçoit que les fondations, des pieux de chêne qui soutiennent les massifs de pierre, se sont abaissés. Les têtes de poteaux sont pourries. Le terrain de construction a une fâcheuse tendance à glisser doucement vers la Seine. Les pieds métalliques s'altèrent à cause de l'acidité du sol. La coupole et son poids énorme déforment les membrures. Des fissures sont apparues et les fuites d'eau de pluie, à travers les verrières, ont commencé a corroder les métaux... Des travaux titanesques ont été entrepris sur les fondations, les charpentes métalliques, les verrières, les couvertures et les pierres de taille pour un budget qui atteignait cette année près de 130 millions d'euros. Ils ne sont pas encore terminés. Le grand palais a pourtant retrouvé toute sa splendeur, son lustre et sa solidité d'antan. Lors de sa réouverture exceptionnelle le 1er octobre 2005, 500 000 mille visiteurs ont tenu à être présents pour témoigner de l'intérêt que les Parisiens et tous les Français vouent à cette merveille de l'architecture verrière.